Elsa's Trips

12 février 2018

Carthagene des Indes, Isla Mucura et Bogota

Je reviens sur ma premiere arrivee a Carthagene. J'avais pris le bus au petit matin depuis Mompox. Cette fois-ci, le chauffeur prend tout son temps, et s'arrete meme  un moment dans un petit village le temps de prendre son petit dejeuner. Cela me permet d'observer, par la fenetre du bus, des scenes probablement typiques de la campagne colombienne. Il y a sur la place du village trois vendeurs de viande, qui ont suspendu leur barbaque sur des crochets entre deux arbres, et decoupent des morceaux a la machette sur une petite table en bois. Il n'y a evidemment aucune mesure d'hygiene elementaire, ils tripotent la viande de leurs mains nues, ne semblent avoir lave la table que tres sommairement, et tous les chiens errants du quartier trainent la, esperant choper un petit bout au passage.

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Nous arrivons a Carthagene avec une heure de retard. Je visite un peu la ville, que je trouve tres jolie mais trop touristique. Il y a trop de monde, trop de voitures... apres Mompox, je ne suis plus habituee. 

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Je pars ensuite quelques jours pour le carnaval de Barranquilla.Quand je reviens, ce qui me choque, c´est l´absence de musique. La ville est pourtant tres vivante, mais ou est la musique qui s´echappe en permanence des sonos des restos, boutiques, hotels, supermarches, et les gens qui dansent, partout, tout le temps?

En marchant dans les rues je tombe sur Loic, qui etait dans la meme auberge a Barranquilla. On va boire un verre ensemble et il m´apprend qu´il y avait eu un attentat dans la ville 15 jours avant le carnaval, et que l´ELN avait menace d´en faire un pendant les festivites egalement. Ca ne m´impressionne pas plus que ca, des attentats, il y en a regulierement aussi en France. Mais ca prouve que le pays n´est pas encore tout a fait pacifie.

Dans un registre plus leger, il parait que nous avons eu un mois de fevrier particulierement froid et tous les Colombiens se plaignaient ! Il faisait 30 degres la journee, et 25 la nuit, parfait pour danser...

 

Pour changer totalement de rythme, et aussi pour me reposer un peu avant de rentrer sur Strasbourg, j´ai reserve 3 nuits sur Isla Mucura, une petite ile eloignee de tout, sans meme internet. On y accede apres 2 heures de bateau rapide (sur lequel je choppe un gros coup de soleil). A l´hotel, j´avais reserve une chambre de type ´´backpacker´´, tres basique. Mais comme il y a peu de monde, ils m´ont surclasse en chambre standard. Pour moi, c´est le luxe absolu. un grande chambre privee avec un lit double, une salle de bain attenante, toute propre et rien que pour moi, des produits de toilette a disposition. J´ai vue sur la mer. 

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La plage est a 1 minute a pieds de ma chambre. J´avais apporte mon masque et mon tuba.Il y a peu de poissons tropicaux mais de nombreux bancs de miliers de miniscules poissons argentes, au milieu desquels j´aime beaucoup nager. L´hotel propose des sorties snorkeling un peu plus loin, je ne les ai pas testees.

En revanche, j´ai fait la sortie pour voir le plancton luminescent de nuit. On prend un petit bateau a moteur a la tombee de la nuit, qui nous emmene dans la mangrove. Nous plongeons dans l´eau tiede. Au debut, on ne voit rien. Mais au fur et a mesure que la luminosite baisse, apparaissent les planctons lumineux. Ils sont actives par les mouvements que l´on fait dans l´eau. Ainsi, lorsqu´on bouge son bras, des centaines de points de lumiere accompagnent le mouvement. C´est feerique.

On s´enfonce de plus en plus en plus dans la mangrove. Il fait nuit noire maintenant et on ne voit plus que les points de lumiere dans l´eau et la myriade d´etoiles dans le ciel. Maintenant nos mouvements provoquent toute une trainee lumineuse derriere eux. Je retombe en enfance et me prend pour une heroine de dessin anime aux pouvoirs magiques, dont les mouvements entrainent une pluie d´etoiles scintillantes.

 

Apres 3 jours a buller sur mon ile caribeenne, il est temps de partir pour Bogota.

Le centre-ville me surprend agreablement. Il est en partie pietionnier, couvert de tags dont certains sont magnifiques, et l´atmosphere est tres paisible. Je visite le musee Botero, qui me plait beaucoup.

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Ainsi s´acheve mon voyage en Colombie, pays de contrastes, qui ne m´a livre qu´une petite partie de ses secrets, tant il faudrait beaucoup plus que 3 semaines pour en decouvrir tous les aspects.

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Barranquilla et son Carnaval

Apres un passage a Carthagene, ou je reviendrai ensuite, je cherche a rejoindre Barranquilla pour assister a son fameux carnaval (le 3eme mondial, apres Rio et Venise). Apres m´etre fait une frayeur gratuite car tout le onde a l´auberge pretendait que tous les bus etaient pleins depuis longtemps et qu´il fallait absolument avoir reserve son billet a l´avance pour pouvoir rejoindre la ville, ce qui s´est revele faux, je debarque le vendredi apres-midi a l´auberge que, pour le coup, j´avais reserve a l´avance il y a quelques mois.

Je vais ensuite faire quelques courses dans le supermarche a cote. La dame qui fait la queue a cote de moi a la caisse engage la conversation et apres m´avoir pose les questions habituelles (d´ou  je viens, combien de temps je voyage, etc), elle me regarde d´un air inquiet et me demande si je suis toute seule. Elle me dit qu´il ne faut surtout pas que j´aille au carnaval toute seule, c´est beaucoup trop dangeureux, il faut toujours que je sois en groupe... Mince, qu´est ce que c´est que cette histoire?

Je rentre a l´auberge et remarque un groupe de personnes qui papotent dans la cour interieure. J´en profite pour aller les voir et me presenter. Evidemment, tout le monde est la pour le carnaval... ca y est, j´ai un groupe avec qui y aller!

 

Le debut du carnaval est officiellement demain, mais des ce soir il y a une premiere fete de rue, Baila la Calle. Nous y allons ensemble.

Une grande avenue est transformee en piste de danse. L´acces est securise par des barrieres, et une service de securite fouille les sacs avant de nous laisser entrer. Il y a des policiers partout. Tout cela semble tres sur.

Nous rentrons et decouvrons notre premiere soiree de carnaval. Il y a beaucoup de monde, beaucoup de musique (des dj´s, des groupes live...) et surtout une ambiance de folie. Tout le monde danse ensemble, les Colombiens viennent vers nous et nous invitent a se joindre a eux, c´est tres convivial. Il y a aussi les bonnes vieilles traditions de carnaval : on se lance de la farine et de la mousse (vendue sur place - elle sent le chewing gum et ne pique pas les yeux, c´est pas mal) a la figure en permanence.

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Nous nous amusons beaucoup mais c´est vrai quíl faut se mefier : sur notre groupe de 12, une fille s´est fait voler son portefeuille et un garcon son telephone. Moi, j´ai bien fait d´ecouter les conseils qu´un Colombien rencontre dans le bus m´avait donne : ne rien avoir sur soi, a part  un peu d´argent cache dans le soutien gorge (les photos de la soiree sont de Daniel, un Neerlandais qui avait apporte son appareil et a eu la chance de ne pas se le faire piquer).

Le lendemain, nous nous levons difficilement et cherchons a savoir comment aller voir la grande parade qui se deroulera cet apres midi. L´auberge vend des billets pour les palcos, des gradins qui sont assez chers mais ont l´avantage d´etre a l´ombre, dotes de toilettes et bien places pour voir le defile. Nous reservons des sieges.

Sur place, ici aussi, l´ambiance est a la fete. Tout le monde se lance de la mousse et de la farine. Il ne faut surtout pas hesiter a arroser le gentil monsieur respectable ou la petite mamie de la rangee d´a cote : ca les fera beaucoup rire, et de toute facon, bientot, c´est eux qui viendront vous recouvrir de mousse en rigolant.

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Le defile commence par la presentation des differents services de la ville (pompiers, policiers, nettoyeurs de rue...). Ce sont de loin les policiers qui sont le plus applaudis, la foule se leve meme sur leur passage.

La parade proprement dite presente un melange de chars colores, de danses en costumes traditionnels, et de defiles de toutes sortes, plus ou moins humoristiques (theme animaux de la jungle, Predator, ou bien par exemple le pape qui fait coucou, entoure de cardinaux qui dansent une cumbia endiablee).

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Nous rentrons a l´auberge, ils ont installe une sono dans le jardin et la musique est a fond. Au moins c´est clair, tout le monde est la pour faire la fete, pas le choix.

Dans la petite gargote juste en face, la musique est aussi a fond (il ne faut pas se tenir au milieu de la rue sous peine de schizophrenie auditive), et tous les clients sont en train de danser. Plusieurs touristes de l´auberge commencent a les rejoindre, bientot suivis par leurs copains. Finalement, on se retourve tous la, a danser comme des fous, au milieu des Colombiens qui cherchent a nous apprendre les pas et les dehanches, et chantent toutes les chansons par coeur. Pas moyen d´y echapper : quelques personnes voulaient juste s`assoir a une table et profiter du spectacle, mais les Colombiens ne l´entendent pas de cette oreille. Tout le monde doit danser, au moins sur une chanson, mais il n´est pas envisageable de ne pas participer. Et ils ne comprennent meme pas le concept de ne pas aimer ou ne pas savoir danser. Pour eux, c´est inconcevable.

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Nous decidons ensuite de retourner a Baila la Calle. Sur la route (environ une demi-heure a pieds), nous devons demander plusieurs fois notre chemin, car ce n´est pas facile de se reperer. Nous passons notamment devant un magasin devant lequel une demi-douzaine d´employes sont assis, en train d´ecouter de la musique. En voyant ce groupe de gringos, ils ne resistent pas a la tentation et nous invitent a danser avec eux, tout en papotant pour savoir d´ou nous venons. Une petite mamie notamment est particulierement redoutable : c´est une prof de danse exigeante, qui ne veut pas nous lacher tant que nous ne bougeons pas les jambers exactement comme il faut. Elle a toute la patience du monde, mais ce n´est clairement pas possible de nous laisser danser aussi mal.

Nous finissons par les quitter et atteignons le lieu des festivites. Mais il y a un monde fou et la police nous indique que c´est plein, et ils ne laissent plus rentrer personne pour des raisons de securite.

Dans beaucoup d´autres pays, cela aurait enerve la foule, et cela aurait pu degenerer. Mais en Colombie, on a le sens pratique : il n´y a plus de place pour la danse dans la rue? Qu´importe, nous allons danser dans la rue d´en face! Ainsi, un festival de danse non officiel s´organise : chacun ramene sa sono, les boutiques de la rue mettent les leurs a fond, les vendeurs ambulants s´installent la, et c´est parti pour une nuit de folie a danser jusqu´a l´epuisement!

 

Le lendemain matin (midi), nous nous levons, de moins en mois frais a mesure que le carnaval avance.

Plusieurs personnes renoncent a aller voir la parade du jour. Avec Sarah, une copine belge, nous sommes cependant motivees, et decidons d´aller voir, avec certes 2 heures de retard car il faut le temps d´emerger. Mais les organisateurs devaient avoir fait la fete eux aussi car le defile commence a peine quand nous arrivons. Cette fois-ci, nous ne montons pas dans les gradins, mais decidons de rester en bas, sur des petites chaises en plastique installees sur les trottoirs et louees une bouchee de pain par des vendeurs de rue. Nous sommes clairement les seules touristes a cet endroit la. Eh bien c´est super sympa. Deja, nous discutons (et dansons, evidemment) avec les Colombiens assis a cote de nous. Et puis les personnes du defile viennent nous voir aussi, font quelques pas de danse avec nous de l´autre cote des barrieres, nous arrachent un bisou, ou nous font simplement de grands sourires et des clins d´oeil. Conclusion, il vaut mille fois mieux etre avec le peuple qu´avec les VIP!

 

C´est notre derniere soiree et nous retournons une fois de plus a Baila la Calle. Ce soir, nous sommes bien decides a rentrer. Mais une fois sur place, nous decouvrons une longue file d´attente. Ils font rentrer les gens au compte-goutte. Qu´importe, nous sommes motives, nous patientons.

Au bout d´un long moment, la police annonce au haut-parleur qu´il y a deja trop de monde a l´interieur, et qu´ils ne laisseront plus rentrer personne de la soiree. Un peu degoutes, nous nous dirigeons vers la rue d´en face, pour aller a la soiree officieuse comme la veille. Mais nous sommes interpelles par 3 jeunes Colombiens qui faisaient la queue a cote de nous : ils connaissent un autre endroit ou danser, est-ce que ca nous interesse? Piques par la curiosite, nous les suivons. Ce faisant, nous passons par le boulevard parallele a celui dans lequel se deroule la fete officielle. Nous nous arretons devant une petite rue transversale, voyant les gens danser a une centaine de metre de nous, mais impossible de les rejoindre a cause des barrieres bien gardees par des policiers intransigeants. Du moins le croyons-nous.

Nous sommes abordes par une femme qui nous dit qu´elle habite cette rue et a donc l´autorisation d´y acceder. Pour 5000 pesos (1,80 euros), elle nous fait entrer en disant que nous sommes des amis venus lui rendre visite. Nous hesitons. Un des Colombiens prend son numero de telephone. Nous avancons, puis finissons par reconnaitre que pour le prix, ce serait dommage de s´en priver. On appelle donc la dame, puis retournons devant la barriere pour la rejoindre. Elle arrive bientot, un bebe dans les bras. J´ai adore ce petit detail qui en rajoutait une couche dans le genre ¨je suis une mere de famille respectable, monsieur le policier, vous pouvez me faire confiance¨. Elle explique donc au flic qui garde la barriere que nous sommes ses amis et qu´il doit nous laisser passer. Il nous regarde un instant, nous n´ouvrons surtout pas la bouche mais nous disons tous que c´est tellement gros que ca ne passera jamais. Mais finalement il nous fait un grand sourire et nous ouvre largement la barriere. Nous passons en retenant un fou-rire. Et dire que Sarah et moi nous disions justement tout a l´heure que nous etions decues de ne pas pouvoir rentrer, nais qu´au moins cela prouvait que tout etait securise, qu´ils controlaient le nombre d´entrees et que l´on pouvait avoir toute confiance dans leur dispositif...

 

Une fois rentres, finalement il n´y a pas tant de monde que ca, en tout cas pas plus que le premier soir. Mais il y a toujours une ambiance dingue. Contrairement a ce qui se passe chez nous en Europe, tout le monde se melange. On ne reste pas a danser avec ceux qu´on connait. Non, tout le monde se joint au groupe et nous-meme pouvons nous melanger a n´importe quel autre groupe. On danse tous ensemble, ou bien en couples temporaires. Tout cela dans la bonne humeur et dans une atmosphere tres bon enfant. Personne n´est mis de cote et il est impensable d´etre un peu isole, quelqu´un viendra immediatement vous chercher pour danser avec vous ou vous integrer a l´ensemble de danseurs. C´est extremement convivial.

 

Lorsque nous rentrons, epuises, a l´auberge, il y a encore bien evidemment la musique a fond, dans le jardin, dans le resto d´en face, dans la rue. Et tout le monde qui danse a n´en plus finir.

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08 février 2018

Santa Cruz de Mompox

Je prends un nouveau bus de nuit pour faire le trajet Medellin - Mompox. J'arrive à dormir pas trop mal.

J'arrive a 9h du matin (au lieu de midi, decidemment ils aiment bien prevoir large). J'avais repere sur internet la seule auberge de jeunesse de la ville. Je m'y rends. Le type de l'accueil est tres sympa mais il ne parle pas un mot d'anglais. Il me montre quand meme le dortoir. Je m'enquiers du prix et lui propose de payer tout de suite, mais il me dit qu'on verra ca plus tard.

Je prends une douche rapide puis vais me balader avant les trop grosses chaleurs. Ici il fait facilement 40 degres a l'ombre en pleine journee.

Mompox est une petite ville coloniale tres isolee, et donc relativement epargnee du tourisme. Sa specialite est le travail de l'argent avec une technique qu'ils appellent filigrane, c'est a dire des fils d'argent tres fins qui sont utilises pour faire des bijoux. On trouve plusieurs ateliers artisanaux en ville.

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La deuxieme specialite, ce sont les fauteuils a bascule. Cela s'accorde parfaitement avec l'atmosphere caniculaire et tres tranquille de la ville.

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Je rentre au dortoir et fais la connaissance de Nadia, une Anglaise qui vient de passer un an en Colombie, comme prof d'anglais dans un programme d'aide au developpement du pays.

On discute un peu puis vers 16h j'ose repointer le nez dehors, sous un soleil un peu moins aveuglant. Il y a deja un peu plus de vie dans les rues.

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Nous allons ensuite au resto Nadia et moi. Elle me raconte un peu son annee dans le pays. Ses eleves n'avaient pas un niveau terrible. Il faut dire qu'ici, on prend l'ecole ''tranquilo'', comme le reste. Pas de pression. Il y a tout le temps des evenements ou des festivites auxquels participent les eleves au lieu d'aller en cours, tout le monde discute en classe et c'est parfaitement normal, et cette annee les profs ont fait greve pendant 5 semaines entieres pour reclamer de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire, ce qui pour le coup est legitime.

Dans leur systeme, les eleves ne passent pas systematiquement dans la classe superieure, mais redoublent s'ils n'ont pas atteint le niveau. Le probleme est qu'il n'y a pas de nombre limite de redoublements, et qu'ils sont assez frequents. Elle avait donc des types de 17, 18 et 19 ans dans sa classe d'eleves de 13 ans... Ce doit etre epouventable d'assister toujours aux memes cours 5 ou 6 annees de suite... Nadia pense qu'ils restent quand meme car en sortant du systeme scolaire ils devront faire leur service militaire, qui dure 2 ans si l'on n'a pas de diplome, contre seulment 1 an si on en possede. Il attendent peut etre egalement la fin des negociations de paix, car le gouvernement a laisse entendre que le service militaire serait supprime si elles aboutissaient.

Elle me raconte aussi un peu sa vie au quotidien, ces petits details amusants sur les habitudes colombiennes. Par exemple, ils adorent leurs chiens (je l'avais deja remarque), et ne manquent pas une occasion de les habiller, leur peindre les griffes de couleur assortie, les deguiser pour Halloween ou Carnaval. Le dimanche, ils les promenent dans des parcs ou des vendeurs de glaces pour chiens leur proposent toutes sortes de parfums specialement adaptes a leur gout.

Ils ont aussi de droles d'habitudes. Ainsi, la plupart n'ont pas les moyens d'avoir une machine a laver. Mais au lieu d'aller dans une laverie, il faut louer la machine a la journee. Un type vous l'amene chez vous (a une heure normalement fixee a l'avance mais en pratique jamais respectee, il faut donc attendre qu'il veuille bien se presenter), la branche ou il peut et vient la recuperer le soir meme. C'est le systeme le moins pratique dont j'ai jamais entendu parler. Et vu le prix de la location, un achat serait vite rentabilise...

 

Le lendemain je me leve tot pour profiter de la fraicheur. Je vais visiter leur joli cimetiere, avec ses fleurs eclatantes de couleur au milieu des tombes blanches.

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De retour a l'auberge, je veux reserver pour cet apres-midi un tour en bateau sur le fleuve Magdalena qui longe la ville. Le receptionniste me demande de revenir a 13h, quand son collegue sera la. Pas de probleme.

Je vais buller un peu dans le dortoir climatise puis ressort a 13h. Personne a l'accueil. Je reessaie 1/4 heure plus tard, toujours personne... Le tour est a 15h et il faut marcher une bonne vingtaine de minutes pour arriver au point de rdv.... A 14h je vois enfin qulqu'un au bureau d'accueil. Un nouveau. Je vais le voir, incroyable il parle anglais! Je suis toute contente, mais il m'explique qu'il ne travaille pas ici, que c'est juste un ami passe donner un coup de main. Le receptionniste de l'apres midi est train de dormir dans sa chambre. Il propose d'aller le reveiller. Je patiente. Au bout d'un moment il revient, desole : impossible de le reveiller, il doit avoir trop bu. Je lui demande s'il ne peut pas quand meme s'occuper du tour en bateau mais il ignore totalement quoi faire qui prevenir... Il cherche un moment parmi les papiers etales sur le bureau, trouve ce qui ressemble a un carnet de reservations, mais ne sait pas quoi faire a partir de la. Bon tant pis, je vais y aller quand meme, je me presenterai et je verrai bien si on me trouve un place sur le bateau.

Au final, cela ne change rien, puisque j'arrive avec Nadia qui elle, avait pu reserve, mais ils ne verifient pas son nom et nous vendent a toutes les 2 un ticket juste avant l'embarquement.

Le tour est tres sympa. On s'enfonce dans les mangroves, on longe des petits villages, voit pas mal d'enfants sur les berges dont certaines pechent au filet, et on a la chance de croiser beaucoup d'oiseaux et pas mal d'iguanes. Il y a un arret au milieu du fleuve pour nous permettre de nous baigner, et meme si l'eau est toute boueuse, sa temperature est merveilleusement agreable.

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Apres etre alle mange avec Nadia, je rentre a l'auberge et cherche a parler avec le receptionniste du moment. En effet demain matin je vais partir a 5h30 pour choper le bus de 6h pour Carthagene, et je doute qu'a cette heure-ci quelqu'un sera debout pour faire mon check-out.

Cette fois ci ils sont 2, une fille et un monsieur d'un certain age. Je leur explique la situation, mais ils m'assurent tous ls 2 que je pourrai payer demain, et ils refusent de s'en occuper maintenant. Je rentre au dortoir en expliquant a Nadia que decidemment ils ne veulent pas de mon argent. Selon elle, presonne dans cet etablissement n'a la moindre idee de ce qu'il fait et comment il doit le faire (les proprietaires ont change recemment), donc des qu'ils faut faire quelque chose, meme recolter de l'argent, ils disent de revenir plus tard, en esperant qu'un collegue fera le necessaire. Notre voisin du lit d'a-cote nous confirme : il n'avait paye qu'une nuit sur les 2 qu'il passe ici, et quand il a voulu payer la 2eme, on lui a assure que c'etait deja fait. Il a eu beau protester, c'etait ce qu'il y avait indique dans leur registre. Il a donc eu une nuit gratuite.

Je fais la connaissance d'un Francais qui vient d'arriver dans notre dortoir. Cela fait un moment qu'il voyage (emmenant partout son eternel drapeau breton), souvent sous sa tente, de temps en temps dans des auberges de jeunesse pour passer des nuits plus reposantes.

Nous n'avons pas le temps de discuter plus longtemps que le receptionniste du soir debarque, un peu affole, et nous demande combien de personnes dorment dans cette chambre. Nous lui repondons qu'il doit mieux savoir que nous et que nous ne savons pas forcement qui est venu s'installer en notre absence mais n'est pas present dans la chambre au moment present. Il entreprend donc de compter les sacs a dos et les lits defaits, en conclut que le dortoir est plein et que le Francais, dernier arrive, doit partir. En effet, quelqu'un d'autre aurait resreve son lit. Il prend ca avec philosophie et va monter sa tente dans le jardin.

 

Je vais me coucher tot car la nuit sera courte.

Le lendemain matin, quand le reveil sonne a 5 heures, je suis a moitie dans les vapes, mais j'ai tout de meme les yeux suffisamment ouverts pour remarquer que le dernier lit est reste vide toute la nuit et que notre compagnon a passe la nuit sous la tente pour rien.

Je me prepare puis me dirige vers la sortie, mon gros sac sur le dos. Evidemment, il n'y a personne a la reception. J'ai un bus a prendre et pas le temps de courir partout chercher qulqu'un a reveiller pour que je puisse lui regler ma facture. Tant pis, je pars sans payer.

Je suis donc officiellement une deliquante, et dans un pays comme celui-ci, ca craint. Les prisons ne doivent pas etre sympas. Il est grand temps que je quitte la ville avant qu'ils ne lancent la police a mes trousses...

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06 février 2018

Medellin, Santa Fe de Antioquia et Guatape

Lorsque je me reveille le lendemain matin, toutes les traces de mon mal des montagnes ont disparu.

Je prends un bus pour Medellin, grosse capitale regionale. J'arrive dans l'apres-midi, me balade un peu puis vais me coucher. Ce soir, je suis seule dans mon dortoir, c'est comme une chambres individuelle. Quel luxe!

Le lendemain, je vais visiter Santa Fe de Antioquia. C'est un petit village colonial qui a garde son architecture ancestrale. Il est a seulement 500 metres d'altitude, et en descendant aussi bas je decouvre une ville ecrasee de chaleur, au rythme de vie tres nonchalant.

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De retour dans mon auberge de Medellin, je fais la connaissance de Catherine, une Canadienne qui a deja passe une semaine dans la ville, a prendre des cours d'espagnol et de salsa. Justement, son ecole organise une soiree salsa a 2 rues de la, et elle me propose qu'on y aille ensemble. Pourquoi pas...

Nous arrivons dans une salle bondee, avec quelques touristes mais surtout beaucoup de Colombiens. La salsa se danse en couple. D'apres ce que je constate,  les personnes venues seules attendent que quelqu'un vienne leur proposer une danse. C'est generalement l'homme qui fait la demarche, mais parfois aussi la femme.On danse une chanson ensemble, puis on change de partenaire.

Plusieurs hommes viennent me proposer de danser avec eux, et je previens toujours que je ne sais absolument pas danser la salsa. Mais les Colombiens sont tres patients et gentils, ils me montrent les pas, m'expliquent, m'encouragent. C'est tres bon enfant, personne ne juge personne, meme s'il y a quelques excellents danseurs, notamment un couple que tout le monde regarde emerveille, tant c'est un plaisir de les voir si bien danser ensemble.

Catherine et moi enchainons les danses avec differents partenaires, et faisons la connaissance de plusieurs Colombiens avec qui nous discutons entre 2 danses.

Nous finissons par rentrer a l'auberge, fatiguees mais ravies de notre soiree.

 

Le lendemain je vais me balader un peu dans Medellin. Il faut savoir qu'a la grande epoque des Narcos, c'etait le fief de Pablo Escobar et c'etait considere comme la ville la plus dangeureuse du monde. De tres nombreux crimes de sang y ont ete commis, et la violence regnait au quotidien dans ses rues.

Aujourd'hui, cela a bien change. Je commence par me balader dans le centre, sur la place principale ou de nombreuses statues de Botero decorent les lieux.

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Le quartier autour est tres populaire, et fourmille de marchands et travailleurs de rue faisant preuve d'une intense activite. Je suis particulirement impressionnee par le nombre de prostituees dans ce quartier. Il y en a une devant chauque echoppe ou retaurant, tous les 5 metres environ. Je me demande comment elles font pour gagner leur vie avec une telle concurrence.

Je me promene ensuite juqu'au quartier de l'universite, tres tranquille et plutot familial. Il y a de nombreux jardins et des places ou l'on peut s'allonger sur des bancs, pour prendre le soleil, profiter du wifi gratuit, ou bien deguster de delicieuses salades de fruits vendues par des marchands ambulants.

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P1000446Sur le retour, je passe devant un magasin qui propose des combinaisons permettant aux femmes (et aux hommes, apparemment??) d'augmenter artificiellement la taille de leurs seins et de leurs fesses pour avoir l'air plus plantureuses. Voila donc le secret des Colombiennes, ce n'est pas forcement la chirurgie esthetique. Elles doivent crever de chaud, la dedans.

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Je rentre a l'auberge et sors avec Catherine pour mager une pizza et boire un verre.

 

Le lendemain, je prends le bus pour le village de Guatape. Ma premiere etage est La Piedra del Penol. C'est un immense monolithe de 220 metres de haut, dans lequel des escaliers ont ete creuses afin de pouvoir profiter de la vue tout en haut.

Il faut commencer par grimper une pente escarpee pendant une vingtaine de minutes pour arriver au pied du rocher, puis on gravit les 650 marches pour arriver en haut. Nous sommes samedi et beaucoup de Colombiens sont de sortie. Ils ont un mal fou a monter les marches. Je les vois en nage, essouffles, obliges de marquer une pause toutes les 2 minutes. Pourtant la montee n'est pas si difficile que cela. Mais il semblerait que j'aie trouve un peuple encore moins sportif que moi!

Arrivee en haut, je suis eblouie par la vue. Elle offre une vision a 360 degres sur la campagne environnante, inondee de lacs.

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Je me dirige ensuite vers le village de Guatape lui-meme, qui est adorable bien que tres touristique. Il est tres colore et repute pour ses bas-reliefs representant de multiples scenes et motifs.

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04 février 2018

Manizales et le parc national Los Nevados

Je prends le bus pour ma prochaine etape, Manizales. Arrivee sur place, je sors de la gare routiere et me dirige vers la station de taxis, mon guide indiquant que le trajet jusqu' au quartier des auberges de jeunesse est plus facile et plus rapide en utilisant ce moyen de transport.

Je monte dans un taxi, en lui indiquant l'adresse de l' auberge ou je compte me rendre. Il a l'air perdu. Je lui montre l'adresse ecrite sur le guide, ca ne lui dit rien. J' insiste, en lui indiquant le nom du quartier concerne. ''Non'', me repete-t-il en boucle. Il commence a serieusement m'enerver. Je decide de sortir mon guide, que j'avais bien entendu enfoui tout au fond de mon gros sac a dos. Je commence a deballer toutes mes affaires sur sa banquette arriere, il me regarde d'un air mauvais. Enfin, je trouve le guide, l'ouvre a la page du plan detaille, et lui met sous les yeux, en pointant du doigt l'emplacement de l'auberge. Il persiste : non, il ne connait pas, rien a faire.

Enervee, je prends le temps de remettre toutes mes affaires dans mon sac, et sors du taxi en faisant la tete. Un Colombien qui attendait sur le trottoir vient me voir, et me demande ou je veux aller. Je lui indique l'adresse, il commence a chercher sur le gps de son telephone. Il finit par trouver, et me montre tout content le plan qui s'affiche et qui evidemment est exactement le meme que celui qui est imprime dans mon guide. Il s'elance vers un nouveau taxi en lui montrant le plan, et m'annonce que celui-ci veut bien m'amener a destination. Victoire! Pour remercier mon bienfaiteur, je lui propose de monter dans le taxi avec moi et qu'on partage la course. C'est ainsi que je fais la connaissance d'Andres. Il parle tres peu anglais (et moi tres peu espagnol), mais Google Translate est notre ami. Il vit a Manizales. Il a fait des etudes pour etre gestionnaire en matiere environnementale. Malheureusement, sa mere est tres malade et il doit s'occuper d'elle a plein temps, ce qui ne lui permet pas de travailler. En Colombie, il n'y a pas de securite sociale et c'est aux proches de faire les garde-malades. Son histoire me touche, il est encore jeune et coince dans ce role pendant encore je ne sais combien de temps.

Nous nous quittons devant mon auberge.

J'ai decide de venir a Manizales pour effectuer un trek au parc naturel Los Nevados, qui est assez proche. Je reserve l'excursion, rdv a 4h45 demain matin. Je sens que ca ne va pas etre de tout repos...

Il est 14h et je cherche une activite pour occuper mon apres midi. Manizales est connu pour ses thermes aux alentours de la ville. Je decide d'aller voir dans l'un d'eux. Apres tout, autant me chouchouter pour me preparer a la journee de demain. Je prends le bus local et arrive sur les lieux, dont je suis la seule occupante! Deux beaux bassins d'eau chaude avec quelques jets d'eau au milieu d'un jardin fleuri. Par la suite arriveront 2 autres personnes, mais on ne peut pas dire qu'on se bouscule. Je profite bien de mes quelques heures de detente.

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Pour parfaire ma journee detente, je me prends une brochette de fraises fraichement enrobees de chocolat au retour des thermes. Ras le bol de la bouffe colombienne, voila enfin de la gastronomie qui me parle!

 

Le lendemain matin, je me leve tant bien que mal pour le rdv de 4h45. Nous sommes 7 a faire le trek (2 Allemands, une Suisse, un Belge, 2 Canadiens et moi), plus notre guide Paolo. Le groupe est sympa. La jeep commence a grimper sur un chemin de terre cabosse. Ca secoue bien. Au bout de 2 heures, on s'arrete dans une grande ferme pour prendre le petit dejeuner. Il consiste en une arepa (galette de mais au gout tres neutre), du riz et des oeufs brouilles. Un des Allemands fait la remarque : on a encore une heure de route, au minumum 5 heures de trek, puis une heure pour redescendre ici avant de prendre le dejeuner. Donc au moins 7 heures avant notre prochain repas... on se regarde tous et on se jette sur la corbeille de pain pour completer notre repas.

Enfin repus, nous remontons dans la jeep. Nous arrivons enfin au pied du sentier. Nous sommes a 4100 metres d'altitude et nous allons monter a 4700 metres (Manizales n'etait qu'a 2100 metres, le choc est donc violent). Le guide nous fait monter tout doucement, pour mieux nous acclimater et tenter d'eviter le mal des montagnes. Malgre cela, chaque pas demande un effort important. J'ai vite le souffle coupe, le coeur qui bat a toute vitesse, et je ressens une faiblesse generale qui m'oblige a puiser au fond de moi la force pour avancer de chaque metre supplementaire. Mais le guide va tout doucement et nous menage beaucoup de pauses, ce qui permet d'admirer le beau paysage de paramo.

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Nous avancons doucement mais surement. Je trek n'est pas terriblement difficile en lui-meme, mais l'altitude demultiplie les efforts a fournir pour avancer. Petit a petit, nous gravissons tout de meme la montagne et voyons le paysage changer.

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Nous arrivons enfin a notre but : la lisiere du glacier Santa Isabel. Ce fut epuisant mais je suis vraiment fiere de moi. Ca y est, j'ai releve le defi! Je me rejouis de ma victoire, naive que je suis...

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Je commence la descente, le coeur leger. Cette fois-ci, je peux aller relativement vite, plus besoin de faire une pause toute les 5 minutes. Mais... au bout d'une demi-heure, un curieux mal de tete s'installe. Bien vite, il commence a empirer. J'ai la tete qui tourne terriblement, plus aucune force ni aucun equilibre. Je manque de vaciller a chaque pas. Meme a l'arret, je ne tiens plus sur mes 2 jambes. Paolo m'explique : c'est le mal des montagnes, il n'est pas rare qu'il se manifeste reellement au moment de la descente. Ainsi, ce que j'ai vecu a la montee, c'etait du pipi de chat. Maintenant commence le vrai defi. Franchement, c'est epouvantable. Je fais toute la descente dans un etat second, a peine maitresse de moi-meme. J'arrive enfin a la jeep et m'ecroule sur mon siege. Je n'en peux plus.

Petit a petit, alors que nous redescendons, ca commence a aller mieux. Quand on arrive a la ferme pour manger, le mal de tete est beaucoup plus leger et je n'ai plus de probleme d'equilibre. Je prends un des chats qui traine par la en otage et lui fais plein de calins pour finir de me sentir mieux. Quand j'arrive a l'auberge a 19h, tout est revenu a la normale. Mais je m'ecroule sur mon lit et m'endors presque aussitot.

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02 février 2018

La vallee de Cocora

Le lendemain je visite la valle de Cocora. C'est une randonnee de 5 heures, a une demi-heure de jeep de Salento.

La balade commence dans un paysage verdoyant, au milieu des vaches, en longeant un petit ruisseau. On se croirait presque en Suisse, si ce n'est que l'on croise de temps en temps des touristes colombiens qui font le treck a cheval. Il faut savoir que les Colombiens adorent les chevaux, et ne perdent pas une occasion d'en profiter.

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Mais plus on monte, plus le paysage se tranforme. Bientot je me retrouve au milieu d'une jungle touffue. A plusieurs reprise, il faut traverser des cours d'eau a l'aide de ponts suspendus assez impressionnants car ils sont peu stables, et il manque souvent des planches. Il faut donc faire de grands sauts pour avancer, ce qui destabilise le pont de plus belle. Je me prends pour Indiana Jones. D'ailleurs, ce doit etre amusant de voir les chevaux passer ces ponts.

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La montee est intense, mais arrivee en haut se trouve une recompense. En effet, il y a une petite ferme ou de nombreux colibris ont elu domicile. Ils sont tres nombreux, de differentes sortes (differentes formes, differentes couleurs). Mais ils ont tous un point commun, ils volent a une vitesse incroyable et ne tiennent pas en place. C'est tres difficile de les prendre en photo. Ils sont pourtant tellement beaux...

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La ferme offre du chocolat chaud accompagne de fromage aux randonneurs pour qu'ils se remettent de leurs efforts. Oui, en Colombie on mange souvent le fromage avec des plats sucres. Il faut dire que leur fromage est tres doux, il n'a quasiment aucun gout. Mais enfin, la, ils plongent carrement la tranche de fromage dans la tasse de chocolat avant de vous l'apporter. Je passe mon tour.

 

Je continue donc ma balade, et sur la fin, arrive le clou du spectacle. Le chemin domine la vallee parsemee de centaines de palmiers a cire. Ce sont de tres hauts palmiers (jusqu'a 60 metres de haut), tres fins et majestueux.

Je m'arrete pour prendre mon pique-nique a un point de vue d'ou l'on domine tout le paysage. Nous sommes dans ce que les Colombiens appellent la foret de nuages. Ceux ci, qui sont a notre niveau, avancent tellement vite que le paysage change de seconde en seconde. Un instant on a une vue totalement degagee sur la vallee, celui d'apres les nuages apparaissent, ils traversent une partie du paysage, puis nous entourent completement, avant de s'en aller tout aussi vite. Je reste un moment a admirer ce spectacle, c'est magnifique.

Puis je descends dans la vallee et me retrouve au pied de ces geants. Je marche au milieu de ces arbres fantastiques, souvent a moitie dans la brume, avant de revenir au point ou les jeeps attendent pour rentrer sur Salento.

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Je rentre sur Salento. Ce soir c'est la fete, il y a plein d'etals sur la place principale, et d'echoppes qui proposent des plats de truite (la specialite locale). J'essaye donc la truite a l'ail et aux champignons, c'est pas mal, mais evidemment c'est servi a la colombienne, debordant de sauce a la creme et au fromage, et accompagne de patacones, des beignets de banane plantain. Pas specialement leger.

Il y a plein de touristes colombiens, j'en profite pour les observer. Les hommes sont souvent plus ou moins en tenue de cowboy, sombrero et couverture traditionnelle en laine jetee sur sur l'epaule. Les femmes sont plutot du genre bimbo, tres maquillees, et assez souvent refaites de la poitrine et des fesses. Car il est a la mode ici d'avoir de grosses fesse tres rebondies, comme 2 ballons de foot. Ca se voit a des kilometres que ce n'est pas naturel... Ils adorent les chiens, avec une preference pour les chihuahuas, si possibles en petite tenue ridicule, genre robe a froufrous rose fushia.

Mais ils sont tous tres souriants et ont le contact facile, ce qui les rend tres attachants.

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Salento et Filandia

Allez, je tente de commencer un nouveau blog.... Je previens que mon clavier (celui de l'ordi de l'auberge de jeunesse, beaucoup plus pratique pour ecrire que mon telephone portable) ne permet pas de faire les accents...

 

Mon avion arrive a Bogota vers 19h30. Au passage de la douane, on me demande de remplir un formulaire indiquant notamment ou je dormirai ce soir. En voila une question! Je n'ai rien reserve car je me suis laisse le choix entre dormir sur place et bouger demain matin, ou bien prendre un bus de nuit pour rejoindre directement ma nouvelle destination. Ce n'est pas grave, je mets la premiere adresse d'hotel que je trouve dans mon guide, ca les satisfera bien. 

Finalement,apres avoir passe la frontiere, recupere mon sac et trouve un distributeur pour retirer de l'argent,  je me sens en forme,  et je tente le tout pour le tout en me rendant a la gare routiere prendre un bus pour Armenia. De la, je prendrai un minibus qui m'amenera en 2 heures a Salento, ma destination.

La gare routiere est un joyeux bordel, nous sommes bien en Amerique du Sud. Le bus est cense arriver a Armenia vers 6h du matin, et mon guide Lonely Planet annonce qu'ils ont toujours du retard. Je table donc sur 7h, ce qui me laisse une bonne nuit de sommeil.

Je m'installe confortablement et parviens plus ou moins a trouver le sommeil. Je somnole d'ailleurs quand toutes les lumieres du bus s'allument. Tiens, il est a l'arret. Tiens, tout le monde descend. Je regarde ma montre, 4 heures du matin. C'est une plaisanterie? Apparemment non, tous les autres passagers se dirigent vers l'interieur de la gare routiere (heureusement ouverte), l'air epuises. Je les suis. Evidemment il faut attendre des heures avant le premier bus pour Salento. Il n'y a pas d'espace d'attente, sauf quelques sieges devant une tele qui diffuse des clips colombiens a plein volume. Je vois pas mal de monde s'installer par terre, s'allonger sur le sol devant les commerces encore fermes. Allez je fais pareil, au point ou j'en suis...

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L'employe de la boutique devant laquelle je dormais finit par me reveiller lorsqu'il arrive en allumant toutes les lumieres. Il est 5h15. Je traine un peu dans le terminal, puis finit par choper un bus pour Salento.

L'avantage d'arriver si tot dans le village, c'est que les rues sont encore vides de touristes. Je peux donc en profiter et me balader tranquillement en prenant plein de photos. Le village est magnifique avec toutes ses maisons blanches aux portes et fenetres peintes de couleurs vives.

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Je trouve une auberge de jeunesse ou je reserve un lit pour ce soir, j'y laisse mon gros sac a dos, et comme j'ai une longue journee devant moi j'en profite pour prendre un bus qui m'emmene dans un autre joli village tout proche, Filandia.

Je me retouve assise a cote d'un Francais, Christophe, et on commence a papoter. Cela fait 10 ans qu'il vient rgulierement en Colombie et il connait bien le pays. Il a baucoup voyage hors des sentiers battus, y compris a une epoque ou le pays etait dangeureux.

Comme il a plein d'histoires a raconter, on va boire un verre ensemble une fois arrives a Filandia.

Il a fait du business dans les mines d'emeraude (il me montre d'ailleurs les photos de plusieurs pierres qu'il cherche a revendre, magnifiques). Il est alle passe du temps dans les communautes indiennes d'Amazonie. Il connait tous les coins a cocaine et comment s'en procurer. Il me dit qu'aujourd'hui, les Farc ne posent plus probleme dans le pays. En revanche, les paramilitaires sont toujours tres actifs et ils peuvent etre dangeureux. Mais ils ne s'en prennent pas aux touristes. Au contraire, ils les protegent, puisqu'ils leur rapportent de l'argent, notamment en achetant la drogue. En effet, les paramilitaires et les narcos travaillent main dans la main, quand ce ne sont pas tout simplement les memes personnes. La drogue est encore tres presente et fait beaucoup de degats, notamment aupres des enfants des rues qui sniffent un sous-produit de la cocaine de tres mauvaise qualite.

Je finis par demander a Christophe d'ou il vient pour savoir tout ca. En fait, c'est un ancien militaire (parachutiste). Je l'avais devine. On en rencontre beaucoup a l'etranger, ils ont besoin d'action et d'aventure et aiment sillonner le monde a la recherche d'activites plus ou moins legales...

On finit par se quitter et je me balade un moment dans Filandia, village tout aussi mignon que Salento, et beaucoup moins touristique.

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