La Chine, septembre 2025
Avant même de partir en voyage, j’avais soigneusement suivi les conseils glanés ici et là : télécharger un VPN, installer Alipay et WeChat, les applications permettant d'effectuer les paiements (plus de cash ni de cb dans leur vie quotidienne), et censées me permettre de survivre en Chine connectée. Je me croyais ainsi prête à affronter ce nouveau pays…
Débarquée à l’aéroport de Pékin, première mission : acheter une carte SIM chinoise pour faire fonctionner tout ça. La vendeuse est tout sauf aimable et ne m’aide pas à installer quoi que ce soit, mais je me dis naïvement que ça va aller tout seul.
Je décide de marcher jusqu’au métro. Premier problème : la machine pour acheter un ticket refuse obstinément ma carte bancaire. Pas grave, je me dis, j’ai mes applis ! Sauf que non.
WeChat réclame qu’un autre utilisateur scanne mon QR code pour m’activer. L'utilisateur doit déjà être inscrit depuis plus de six mois, avoir utilisé l’application de paiement depuis plus de 3 mois, et ne pas avoir activé d’autre QR code depuis le dernier mois. Autant dire, impossible de trouver quelqu’un qui puisse m’aider. Alipay, lui, rejette ma carte bancaire étrangère. Pour la valider, il réclame que j’envoie une photo de moi + une photo de mon passeport + une photo de moi tenant mon passeport, en précisant qu’il faut qu’on voie mon visage + mes 2 bras. Je me contorsionne dans les couloirs du métro pour prendre les selfies. Après de multiples tentatives infructueuses, je me retrouve bloquée.
Retour à l’aéroport, un peu déboussolée. Mais le chemin est bloqué : une policière, visage fermé, ton autoritaire, empêche tout le monde passer. Il ne manquait plus que ça.
Après quelques minutes elle autorise à nouveau le passage.
A l’aéroport, j’ai repéré un distributeur de billets. Je me dis que je peux peut-être retirer des sous et me débrouiller avec, même si j’ai lu partout que la Chine était désormais une société sans cash. Premier distributeur, avec logo visa : ma carte est refusée. Panique. Deuxième tentative, avec l’aide d’une Chinoise adorable, toujours rien. La panique monte d’un cran. J’imagine déjà ma première nuit à Pékin coincée dans le hall de l’aéroport, faute de pouvoir payer quoi que ce soit. Je me demande même si je ne vais pas devoir faire demi-tour et rentrer chez moi, si je ne peux rien payer dans le pays. Finalement, je trouve un autre distributeur qui accepte enfin ma carte. Miracle ! Je ressors avec du cash en poche, prête à repartir au combat.
J’achète mon ticket pour le métro. Bien sûr, la machine ne rend pas la monnaie. Qu’importe : j’ai payé 10 yuans au lieu de 4, mais au moins j’avance, je peux enfin quitter l’aéroport, après plus de 2 heures de bataille.
Quand j’arrive enfin à mon auberge, épuisée mais soulagée, un monsieur très gentil prend le temps de valider mon compte Wechat. Je me pense sortie d’affaire, mais l’étape suivante bloque encore : cette fois-ci on me refuse l’inscription sous prétexte que le réseau est instable, alors qu’il fonctionne très bien. Retour sur les forums et autres sites expliquant comment survivre en Chine : c’est à cause du vpn : il faut le désactiver, puis effacer les cookies, puis se connecter en utilisant « connexion » au lieu de « inscription », puis « abandonner la procédure », puis réessayer l’inscription, et là normalement « ça marche », d’après l’utilisateur à qui il est arrivé la même mésaventure. Je tente la procédure. Non seulement ça ne fonctionne pas, mais en plus, ça me redemande qu’une nouvelle personne scanne mon QR code pour me revalider. D’après les forums, certains ont essayé pendant des semaines de se connecter à Wechat, sans succès. Je laisse donc définitivement tomber.
C’est alors que je reçois un message d’Alipay me disant qu’ils ont validé les photos de moi en train de faire le guignol dans le métro. Le réseau est instable, ça bloque encore, mais après de nombreux essais, Alipay se met enfin à fonctionner. Miracle numéro 2 ! Je ressens un immense soulagement : je vais pouvoir manger, me déplacer, bref, vivre en Chine.
Je pars aussitôt me balader dans les hutongs, ces ruelles chinoises traditionnelles. La nuit est douce, les ruelles animées. J’entre dans un petit restaurant où il y a la queue, signe que c’est une bonne adresse. On m’assoit à une table partagée avec deux Chinoises. Le menu n’existe qu’en QR code, et évidemment, ça ne fonctionne pas. Heureusement, mes voisines prennent les choses en main : il faut en fait scanner via Alipay, et passer la commande en ligne, comme si on commandait à emporter. Ensuite, le GPS de l’appli est si précis que les serveurs savent exactement quelle table a commandé quoi et viennent apporter le plat désiré. Sans Alipay, je n’aurais même pas eu de repas ce soir ! On discute un peu – elles parlent quelques mots d’anglais – et l’ambiance est chaleureuse.
La balade continue dans l’air tiède du soir. J’achète un yaourt artisanal (excellent), des fruits séchés et une bouteille d’eau, et j’observe les étals remplis de gadgets étranges comme des barrettes à cheveux en forme de gâteaux, de chips ou de cigarettes. Je découvre également des bonbons à la moutarde, que j’essaie pour le fun et qui, comme on pouvait s’en douter, sont dégueulasses.
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De retour à l’auberge, je tente d’organiser la suite de mon voyage. Au vu de la météo, il est préférable que j’aille visiter la Grande Muraille dès demain. Je réserve donc mon billet de train pour Gubaikou, la ville la plus proche de ma destination.
Dans le dortoir, je fais la connaissance de Martha, une autre voyageuse. Elle aussi galère : elle a réussi à activer WeChat grâce à un collègue chinois, mais Alipay lui résiste toujours. On partage nos mésaventures en riant : ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seule dans ces galères.
Le lendemain matin, le réveil sonne à 7h, j’ai un train à prendre. Après une première nuit bien méritée, je me sens prête à attaquer ma deuxième journée… enfin, presque. Premier défi : acheter un ticket de métro avec Alipay. Échec complet. J’ai un message qui m’indique que l’accès à ma carte bancaire sur l’appli ne fonctionne plus et qu’il faut que je prenne contact avec ma banque. L’angoisse remonte instantanément. Je me console avec le cash qu’il me reste pour avancer, mais la question reste : comment vais-je payer le taxi ? La nourriture ? Suspense insoutenable.
À la gare, il faut commencer par passer la sécurité : passage de mes affaires au tunnel à bagages et vérification au détecteur de métaux sur moi-même. Le policier me retire ma crème solaire très poliment m’expliquant d’un air désolé que la bouteille est trop grosse et en aérosol. Une nouvelle chose que je vais devoir acheter sans l’application pour pouvoir le faire…
Les quais ne sont accessibles qu’environ ¼ d’heure avant le départ du train, lorsque les contrôleurs ouvrent les accès via un Nième contrôle, comme dans les aéroports. Là, je comprends mieux pourquoi aucun billet ne m’avait été délivré lorsque j’avais réservé mon train : en fait les billets sont rattachés à la personne qui les a achetés, et tout est consigné en ligne. Ainsi, pour passer, les Chinois passent leur carte d’identité + le contrôle facial à la caméra. Le Système reconnaît qu’ils ont bien acheté le billet de train concerné. Comme je n’ai pas de carte d’identité chinoise connectée, je dois passer au contrôle « manuel » où mon passeport est scanné (mais j’ai également droit à la reconnaissance faciale) : le système me reconnaît également. Ainsi, le gouvernent chinois sait en temps réel quels sont tous mes déplacements…
Dans le train j’envoie un message intitulé « urgentissime » à ma banque en demandant qu’on me débloque la carte sur Alipay. Je vois que mon conseiller attitré a à nouveau changé (j’en ai un nouveau à peu près tous les 6 mois… c’est la bérézina à la Société Générale). Cette fois-ci il s’agit de Styven avec un Y. J’espère qu’il est plus compétent que ce que son prénom laisse penser.
J’ai faim mais je dois économiser mon cash donc je me console avec mon sachet de 42 grammes de fruits de la passion séchés que j’ai acheté hier soir, mon unique réserve alimentaire pour le moment. Très bon, au demeurant.
Le train me mène enfin à Gubaikou. De là, il reste encore 15 km à faire pour me rendre à Gubai Water Town, au pied de la Grande Muraille, où j’ai réservé mon hôtel. En sortant, je suis prise à partie par VanCho, un chauffeur persuasif qui me convainc de le suivre pour rejoindre Gubai à un bon prix, en évitant de passer par Didi, l’équivalent local d’Uber, qui ne fonctionne qu’avec Alipay. VanCho accepte d’être payé en cash, ce qui est une vraie chance. Encore mieux : je n’ai pas la monnaie du tarif que je négocie avec lui, mais il me propose de me rendre le change via Alipay, en faisant une sorte de transfert immédiat, via les QR codes de nos applications. Cela va me sauver la mise car je pourrai utiliser l’argent ainsi déposé sur mon compte Alipay, puisqu’il n’est pas lié à ma carte bancaire.
Le village de Gubai est fantastique.
Déjà, il est envahi de chats, roux pour la plupart. Partout où je regarde, ils se promènent ou se prélassent au milieu de l’architecture ancienne. La ville est bien consciente que c’est un argument touristique considérable puisqu’elle capitalise à fond là-dessus : il y a un chat géant gonflable à l’entrée, des tas de peintures murales de chats, ainsi que des drapeaux chats qui flottent au vent.
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Je traverse le village rapidement pour me rendre à l’entrée de la Grande Muraille de Simatai, qui présente la particularité de pouvoir être visitée le soir (sur la plupart des autres sites l’accès est fermé à partir de 17h).
Dans la file d’attente, je croise un homme avec une mante religieuse sur l’épaule, clairement son animal de compagnie. Il s’amuse à effrayer les touristes avec… L’animal est étonnamment bien élevé, il se balade sur son épaule mais ne semble pas vouloir en descendre.
Je préfère tout de même m’éloigner rapidement et monte dans un des télésièges pour l’ascension vers la muraille, qui se trouve sur la crête, 500 mètres au-dessus de Gubai.
J’arrive juste à temps pour admirer le coucher de soleil. C’est magnifique, avec la vue sur la muraille qui se déploie le long de la crête et les montagnes au loin. Le dénivelé sur la muraille est donc très accentué avec des descentes abruptes et des montées où il faut littéralement utiliser ses mains pour grimper quasi à la verticale.
Avec la nuit tombante, c’est donc un peu périlleux de s’y balader, donc je m’installe en hauteur et j’admire le paysage.
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Quand le soleil a définitivement disparu derrière la montagne, les lumières s’allument lentement, section par section, jusqu’à ce que tout le segment de muraille soit illuminé. Je me remets alors en marche.
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L’éclairage rend l’endroit hors du temps. La muraille se découpe sur le ciel étoilé et la pleine lune se découpe au-dessus des tourelles. Je déambule un moment, et croise même un chat roux qui est monté jusqu’ici et fait sa toilette nonchalamment sur une des sept nouvelles merveilles du monde.
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En redescendant à Gubai, le spectacle continue. Les rues sont désertes et silencieuses, et la lumière des lanternes les rend splendides. Je me surprends à vouloir rester là des heures, simplement marcher et observer ce village qui semble hors du temps.
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Le lendemain matin, j’ai à nouveau rendez-vous avec VanCho. Cette fois, il m’emmène à Jinshanling pour une randonnée en plein jour sur la Grande Muraille.
Sur la route, VanCho me demande soudain, très sérieux, si j’ai plus de 60 ans.
Je reste un instant sans voix, prise entre le rire et l’envie de me vexer. Il m’explique qu’il y a une réduction pour les plus de 60 ans sur le billet d’entrée. Je suppose qu’il essaie d’être serviable…
Il me dépose devant la billetterie, m’accompagne pour acheter le ticket (il pense certainement que les Occidentaux sont trop neuneu pour le faire tout seul), et m’annonce qu’il viendra me chercher dans quelques heures, à l’autre bout de cette section de muraille, quand j’aurai fini ma rando.
À la sortie de la billetterie, un minuscule chaton roux m’accueille. Il réclame à manger et à boire avec une détermination qui force le respect. Je lui donne une partie de mon casse-croûte.
La randonnée commence. 10,5 km et 650 mètres de dénivelé sous un soleil ardent. Certaines portions sont à pic, avec encore une fois des montées (avec des simili escaliers) presque verticales. Mes cuisses souffrent, mon souffle se fait court, mais chaque pas me rapproche de vues incroyables. C’est épuisant, mais grandiose.
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Quatre heures plus tard, je termine cette marche lessivée mais heureuse. VanCho est fidèle au poste pour me ramener à la gare. Nous discutons un long moment en attendant le train qui me ramènera à Pékin. C’est alors qu’il m’apprend, l’air de rien, qu’il est allé à Paris l’année dernière en tant que membre d’une délégation des Jeux olympiques parce qu’il « fait partie de la police ».
Ai-je donc été surveillée tout ce temps par le gouvernement chinois ? Était-ce une coïncidence ou une mission ? Dans ce pays, tout est possible.
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Mon quatrième jour de voyage est plus tranquille. Je m’autorise une grasse matinée puis vais tester une fondue chinoise pour le déjeuner.Totalement perdue au départ, je ne sais pas par où commencer. La serveuse s’aperçoit de mon désarroi et prend le temps de m’expliquer chaque étape : la marmite de bouillon que l’on fait chauffer sur la plaque au milieu de la table, le buffet permettant de créer la sauce de son souhait (mélange de sauce soja, sauce cacahuète, coriandre et ciboule pour ma part), et commande du forfait « menu déjeuner » qui inclut un plateau de légumes varié, des nouilles, 3 sortes de viandes, des œufs, et du poisson. Le tout pour moins de 6 euros, avec un thé au lait offert en prime. Résultat : un repas excellent et gigantesque.
L’après-midi est consacrée à la visite du Palais d’Été. La visite est… bof. Les bâtiments sont beaux, mais rien ne me captive vraiment. En revanche, je remarque des Chinoises habillées en costumes traditionnels, posant devant chaque monument pendant que leur copain prend des photos. Un vrai spectacle vivant ! D’autres filles portent un masque couvrant totalement leur visage. Ninja modernes ou simples précautions contre le soleil ? Je ne saurai jamais.
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Le soir, je passe dans une supérette pour me racheter un déodorant, le mien arrivant au bout du rouleau. C’est censé être un produit de base, mais j’ai beau chercher, je ne trouve pas. Je finis par repérer le Nivéa pour hommes. Je demande donc conseil à la vendeuse, en lui montrant le déo hommes et en lui faisant comprendre que je veux la même chose pour moi. Elle me tend une crème de jour avec un grand sourire. Non, ce n’est pas ça. Elle réfléchit, fouille partout, puis enfin je vois l’illumination dans ses yeux, et elle me propose finalement un désodorisant pour WC. Elle est très fière de sa trouvaille. Je ne veux pas la vexer, je la remercie chaleureusement et lui dis que je vais réfléchir.
Pas de déo féminin dans les 2 autres supérettes que je visite. Finalement, il faudra que j’aille dans une parapharmacie pour en trouver. Je pense que les femmes asiatiques ne transpirent pas.
De retour à l’auberge, je fais la rencontre d’Aurora, une Américaine survoltée. Elle me raconte son expérience au parc national de Zhangjiajie, qu’elle décrit comme sa plus belle aventure en Chine, et me convainc de foncer là-bas.
Cerise sur le gâteau : la carte bancaire sur mon Alipay est enfin débloquée grâce à ma banque. Finalement, il fait du bon boulot, Styven avec un Y !
Le cinquième jour commence par une visite incontournable : la Cité interdite. Et elle est à la hauteur de sa réputation : majestueuse, immense, chaque pavillon est richement décoré et chargé d’histoire. Et, fidèle à ce qui semble être la tradition touristique du moment, les Chinoises en habits traditionnels sont partout. Il faut dire que le lieu est entouré de boutiques de locations de vêtements anciens qui sont tous plus beaux les uns que les autres.
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Après cette plongée dans l’histoire impériale, je décide de me perdre dans le centre commercial tout proche. J’y vois un magasin un peu plus atypique qui me laisse perplexe : on y vend des petites bouteilles de médecine traditionnelle chinoise. La vendeuse insiste pour me faire tester les produits, et, avant que j’aie pu protester, me faire sniffer un petit tas poudre brune sur sa main… l’effet est immédiat et assez violent : comme une décharge de fraîcheur si extrême que j’ai l’impression d’avoir pris un flash de menthe pure en plein cerveau. J’ai la narine complètement engourdie pendant près d’une heure. Qui aurait cru que ce soit si intense, le sniffage de poudre brune… ?
Le soir arrive vite et avec lui, l’expérience du train couchette de nuit. Tout est ouvert et spacieux. Le contrôleur, avec ses épaulettes clignotantes, est extrêmement gentil. Il essaie de m’expliquer quelque chose, que je ne comprends pas vraiment : utiliser les couvertures mises à disposition ? Faire appel à lui en cas de problème ? Je hoche la tête en espérant que tout se passera bien.
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La nuit se déroule plutôt tranquillement, bercée par le cliquetis régulier du train sur les rails. Le matin, une contrôleuse passe dans chaque compartiment pour prévenir chaque passager un peu avant son arrivée à la gare où il doit descendre. Une attention simple mais efficace.
J’arrive à Pingyao à 10h du matin et je m’installe dans mon hôtel, qui est situé dans une maison traditionnelle. La chambre est disponible dès mon arrivée et je peux immédiatement prendre une douche, bienvenue après ma nuit dans le train.
Je pars ensuite à la découverte de la ville. Pingyao est magnifiquement conservée, avec ses ruelles étroites, ses maisons traditionnelles et son ambiance hors du temps. Chaque coin de rue semble raconter une histoire, et marcher ici, c’est un peu comme voyager dans le passé.
Je termine la journée par une balade sur les remparts qui entourent la ville. La vue panoramique sur les toits anciens et les petites rues sinueuses est apaisante. En revanche, dès que je redescends dans les rues à la nuit tombée, je suis accueillie par une foule compacte de touristes qui profite de la douceur de la météo et des illuminations nocturnes.
Le lendemain je passe la journée à visiter Pingyao et ses demeures traditionnelles conservées sous forme de multiples musées.
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Le jour d’après je pars pour Xi’an. Je débarque le samedi soir et découvre une ville en pleine effervescence. Les rues grouillent de monde, les lampions et enseignes lumineuses donnent un charme particulier à la cité. Je me laisse tenter par la cuisine de rue, particulièrement réputée ici, notamment les sandwichs à l’agneau. La chaleur est accablante, et je me questionne un peu sur les conditions d’hygiène… mais impossible de résister aux odeurs et aux saveurs locales.
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À l’auberge, petite surprise : une discrimination d’âge me force à prendre une chambre individuelle plutôt que le dortoir que j’avais réservé. Bien sûr, la raison est administrative, et la chambre est très confortable, mais c’est un peu frustrant.
Le lendemain, je pars visiter le centre-ville et profiter de la ville sous un angle plus calme que la veille. Les rues commerçantes sont animées, les architectures mélangent tradition et modernité, et je me perds avec plaisir dans les centres commerciaux où je découvre des produits typiquement chinois et quelques curiosités locales.
Le surlendemain, c’est le grand moment : la visite de l’armée de terre cuite. Le site est impressionnant, mais bondé de visiteurs venus du monde entier. Malgré la foule, la majesté des milliers de soldats alignés et la minutie des détails sont fascinants.
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Je passe ensuite une journée entière dans le train pour rejoindre Zhangjiajie, ce parc naturel ayant servi de décor au film « Avatar », situé au beau milieu de nulle part.
Dès le lendemain matin, je me lance dans l’exploration de Zhangjiajie. Le parc est vaste, et l’organisation impeccable : à chaque étape pour prendre la navette gratuite qui relie un site à l’autre, il faut scanner son passeport et enregistrer son visage. Il y a un portique à l’entrée et à la sortie de chaque sentier. Une manière assez nette de rappeler que le gouvernement peut suivre chacun de mes mouvements en temps réel. Pas besoin de montre connectée pour connaître mes performances sportives : le gouvernement sait précisément en combien de temps j’ai parcouru tel circuit de randonnée !
La randonnée commence dans la nature, au milieu des formations rocheuses vertigineuses. Les paysages sont tout simplement magnifiques. Entre les sommets de Tianzi et Helong, je marche sur des sentiers sinueux, traverse des passerelles suspendues et admire des panoramas à couper le souffle.
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Je m’amuse de certains détails pratiques : je cherche des toilettes au milieu de la montagne je tombe sur des wc à l’ancienne, à la turque, délabrées et poussiéreuses… et juste à côté, un wc futuriste avec siège chauffant et télécommande. Contraste improbable, typiquement chinois. Un autre détail étonnant : alors que je profite des sentiers, une employée du parc balaie les allées et souffle les feuilles. Il faut dire que tout est d’une propreté impeccable, tout comme le reste du pays, d’ailleurs.
Sur l’un des sommets, une femme qui randonne seule me demande si je peux prendre une photo d’elle devant le paysage, et me rend la pareille. C’est ainsi que je rencontre Cherna, une Suissesse d’origine Philippine. On commence à papoter, et j’apprends ainsi qu’elle voyage seule pendant plusieurs mois dans divers pays d’Asie. On échange conseils et anecdotes, et comme on s’entend bien, on décide de continuer la randonnée ensemble.
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On profite encore pendant plusieurs heures du paysage sublime sous un grand soleil.
On se quitte après avoir descendu la montagne via l’ascenseur transparent de Bailong, longeant la paroi verticale sur plus de 300 mètres.
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Le soir on se retrouve dans un restaurant barbecue coréen. On ne sait pas vraiment comment commander ni utiliser l’installation (la serveuse essaie de nous montrer la marche à suivre mais on ne comprend rien), mais on rigole bien.
Cherna poursuit son voyage, alors que j’ai prévu un deuxième jour de rando à Zhangjiajie. Aujourd’hui le temps est pluvieux et brumeux, ce qui ajoute un charme particulier aux paysages, donnant aux montagnes un aspect mystérieux. Le moment fort reste le téléphérique qui traverse les montagnes. En survolant les gorges et les piliers rocheux, on a vraiment l’impression de voler, suspendu dans l’air comme dans Avatar.
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Le reste de la journée est ponctué de randonnées sur les sentiers panoramiques, de passages en bus entre les différents sites (Tianzi, Huangshi Village, Yangjiajie), de balade au pied des piliers rocheux, et de découvertes de points de vue uniques.
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Après les montagnes féériques de Zhangjiajie, il est temps de retourner en ville. Je prends l’avion le soir même pour rejoindre Shanghai.
À peine arrivée, je découvre le tapis de récupération des bagages, super high-tech : il fournit en temps réel la géolocalisation des bagages de chaque vol (en train d’être déchargés, en transit dans l’aéroport, entrés dans zone de traitement pour récupération…) avec une retransmission en direct via des caméras.
Comme il est tard dans la nuit, j’avais réservé une navette pour mon hôtel. Le chauffeur conduit une voiture électrique (comme la plupart des voitures ici. D’ailleurs tous les 2 roues et transports en commun sont électriques aussi), et me demande s’il peut s’arrêter sur le trajet parce que sa batterie est à plat. Je dis oui évidemment mais m’inquiète sur le délai que ça va prendre : en France, il faut brancher la voiture pendant au moins une demi-heure pour la recharger. Mais encore une fois, la modernité chinoise est à l’œuvre. Il entre la voiture dans une espèce de cabine, et, sans même que l’on ait besoin de sortir de l’habitacle, des robots détectent où se trouvent la batterie et la remplacent par une batterie déjà chargée. L’ensemble de l’opération de dure pas plus de 2 minutes.
Je m’installe à l’auberge et profite d’une bonne nuit de sommeil avec grasse matinée en prime.
Je sors ensuite me balader pour m’imprégner de la ville. Le Bund est splendide, de jour, mais surtout de nuit, avec ses gratte-ciel illuminés qui se reflètent sur la rivière Huangpu, créant une vue à couper le souffle. Puis direction la rue Nanjing, pleine de monde, de centres commerciaux gigantesques et de boutiques dernier cri.
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Le lendemain je reprends le train, direction Huangshan, au pied des Montagnes Jaunes.
Arrivée sur place, la dame de l’hôtel passe une bonne demi-heure à m’expliquer le circuit de randonnée qu’elle me recommande pour les 2 prochains jours, les points de vue à ne pas manquer, les téléphériques, et les astuces pour profiter au mieux de la montagne.
Le soir, je retrouve Cherna au restaurant, puisque le hasard veut qu’elle ait prévu son séjour dans les Montagnes Jaunes en même temps que moi. On est ravies de se retrouver et on passe un super moment. Elle n’avait rien organisé pour son séjour, et quand je lui apprends que je vais passer la nuit dans un hôtel au sommet de la montagne afin de pouvoir voir le coucher et le lever de soleil depuis un point de vue, elle réserve aussitôt une chambre dans le même hôtel que moi.
Le lendemain, c’est journée longue randonnée. Les paysages sont splendides avec la brume qui joue à cache-cache et fait changer le paysage à chaque seconde.
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Dans l’après-midi, nous nous trompons dans le circuit et descendons trop bas dans la vallée, avec des escaliers à pic impossibles à remonter. Après une période d’inquiétude, nous trouvons enfin la solution : un funiculaire nous ramène en haut juste à temps pour nous installer à l’hôtel et poser nos affaires avant de ressortir pour profiter du coucher de soleil.
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Dans le hall de l’hôtel, les touristes réunis pour attendre le guide (une des personnes de l’hôtel, qui va nous conduire vers un point de vue idéal pour le coucher de soleil) sont équipés comme pour monter l’Everest, avec harnachement de montagne, bâtons de randonnée et gros sac à dos. Cherna et moi, avec nos tenues de sport basiques et sans autre équipement, nous demandons où ils pensent aller. A priori le point de vue n’est qu’à 20 minutes de marche de l’hôtel… Le guide arrive et nous constatons qu’il s’agit en fait du réceptionniste, habillé en costume de soie bleu marine (très élégant) et chaussures vernies. Bon, a priori la balade ne devrait pas être trop physique.
Nous nous installons au sommet d’un pic, face aux crêtes. Au départ, la vue est complètement bouchée : une brume compacte nous empêche de voir à 1 mètre. Nous attendons, un peu dégoûtées, sachant déjà que nous ne verrons pas de coucher de soleil ce soir.
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Mais tout à coup la brume se lève comme un rideau, dévoilant les montagnes dans toute leur majesté. A chaque instant le brouillard s’évapore un peu plus, révélant une nouvelle vallée, un nouveau pic. Nous sommes fascinées. Quinze minutes plus tard, la brume revient à nouveau couvrir le paysage en quelques secondes. Ces quelques minutes fugitives nous ont fait penser à cadeau précieux et éphémère.
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Le soir, le hall de l’hôtel propose un spectacle traditionnel ridicule, et le buffet est hors de prix, mais la fatigue et l’émerveillement compensent largement ces petites frustrations.
Le lendemain, le réveil sonne à 5h15 pour le lever de soleil. Nous sommes sur place avant l’apparition de la brume, et nous avons la chance incroyable de profiter d’un lever de soleil réel, magnifique.
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Après une matinée de randonnée et la redescente au village, Cherna et moi prenons le même train pour la suite du voyage, mais je descends à Wuzhen alors qu’elle s’arrête à Hangzhou. Nous nous promettons de rester en contact et de nous revoir bientôt.
La ville de Wuhzen, une nouvelle ville d’eau, est jolie de nuit, avec ses ruelles illuminées, mais elle me paraît moins magique que Gubai. En attendant que la foule se disperse, je profite d’un jardin avec jeux d’eau, projections et harpe de lumière. Plus la nuit s’avance, plus la foule se disperse, et la ville révèle alors toute sa beauté.
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De retour à Shanghai, je commence par une visite au musée de Shanghai. Le soir venu, je décide de découvrir la ville vue d’en haut. La tour de Shanghai, 632 mètres de haut (4ème plus haute tour du monde), possède l’ascenseur le plus rapide du monde (74 km/h). La vue nocturne est spectaculaire : les gratte-ciel illuminés se reflètent sur la rivière Huangpu, et la ville entière scintille comme un tapis de lumière.
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Le lendemain, je pars flâner dans la vieille ville chinoise et la concession française, contrastant charme ancien et modernité trépidante. Les petites rues bordées d’arbres, les cafés et les bâtiments coloniaux offrent un cadre idéal pour marcher tranquillement et observer la vie locale.
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Le soir arrive vite, et c’est déjà le moment de prendre le vol retour. Les bagages sont faits, les souvenirs accumulés au sein de ce pays d’une modernité étonnante mais dont les atouts sont avant tout pour moi les magnifiques paysages qu’il a à offrir : ainsi, les vues sur la Grande Muraille, et les parcs nationaux de Zhangjiajie et des Montagnes Jaunes restent les meilleurs souvenir de mon séjour.
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